samedi 6 août 2016

Les masques aux longs sanglots d'Halloween




Hé les gars, j’ai trouvé cette histoire en tapant « masque/peau séchée/cheveux/pleurs » dans Google. Vous en pensez quoi ? Parce que moi, elle me fait carrément flipper ! Euh, si je vous parle de ça, c’est à cause d’évènements pour le moins bizarroïde qui se passent chez moi depuis hier soir. Mais avant de vous les expliquer, il vaut mieux que vous compreniez certains trucs. Alors, lisez, s'iou plait :
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Mon grand frère (on a 3 ans de différence d’âge) c’était mon meilleur ami, mon confident, le mec avec qui je partageais tout. Et forcément, on ne se cachait rien. Du moins je le croyais. Plusieurs jours avant de tomber dans les escaliers, il était devenu étrange, bizarre, très agité, sans jamais m’en donner les raisons. Lui qui était un moulin à paroles, ne me parlait presque plus. J’ignorais encore ce qu’il le tourmentait, car à mes yeux, en tant que grand frère, il était du genre indestructible. C'était mon super héros, celui qui filait des raclées à ceux qui m’emmerdaient à l’école et me refilaient ses vieux devoirs.

 Conséquence de sa chute dans les escaliers : fracture du crâne et des vertèbres cervicales. Paralysé, il ne se déplaçait plus qu’en fauteuil roulant et s’exprimait par des gestes désordonnés et des bruits de gorge car il ne pouvait plus parler. D’après les médecins le choc avait aussi occasionné des pertes de mémoire. Il était très agité en voyant papa mais la vraie raison de son énervement se trouvait ailleurs.

Deux jours après avoir quitté l’hôpital mon frère est mort. Au petit matin, en lui apportant son petit déjeuner, je l’ai découvert gisant par terre, dans une position désarticulée, entre le lit et son fauteuil roulant. Je me souviendrais toujours de la couleur bleu-pâle de son visage, ses yeux écarquillés, sa bouche grande ouverte. Son visage me hantera jusqu’à ma mort.

Les longs sanglots ont commencé le soir de son enterrement. La famille venait de partir, me laissant seul avec mon père. Alcoolisé et dévasté, il avait fini par s’endormir sur le canapé du salon.

Je suis monté me coucher dans le lit de mon frère. Sa chambre était située face à la mienne et n’était séparée que par un couloir qui distribuait les autres pièces du premier étage. Je me sentais très triste, très seul. J’avais joué à l’homme dur en retenant mes larmes toute la journée, mais là, je n’en pouvais plus. Alors je me suis laissé aller en regardant tous nos souvenirs posés sur les étagères ou accrochés aux murs : batte de base-ball, casquette, photos, figurines, jouets, places de cinéma, boîte de Mac-Do, etc. Puis j’ai éteint la lumière…

J’ai fini par m’endormir, enfin je crois, du moins je l’espérais, car ce que j’allais vivre ensuite avait tout d’un cauchemar. Des pleurs ont troublé mon sommeil. Je me suis réveillé. Au début je les entendais assez faiblement, ils provoquaient de quelque part dans la maison. Puis ça s’est rapproché de ma chambre. Ce ne pouvait pas être ceux de mon père, c’était trop aigu. Ça ressemblait plutôt à ceux d’une petite fille. Inutile de préciser que je ne me sentais pas très bien, j’étais glacé jusqu’aux os et incapable de faire autre chose que de fixer la porte ouverte.

La lumière de la pleine lune donnait une couleur pâle au couloir. Une ombre a grandi dessus et des pas ont fait craquer son bois. J’ai un instant espéré que ce soit ceux de mon père, mais ils étaient bien trop légers. Et plus ça se rapprochait, plus les pleurs augmentaient.

Ce que j’ai cru être une ombre était la silhouette d’une petite fille. Elle pleurait et se tenait sur le seuil de la porte. J’étais terrifié, mais ma raison cherchait une explication. Le voisin avait une gamine et j’ai un instant pensé qu’elle s’était peut-être perdue en pleine ? C’est idiot je sais mais avant de sombrer dans le paranormal, il faut se rassurer.

Bras en avant, elle s’est précipitée vers moi. Je me suis collé contre la tête de lit en hurlant. Elle s’est arrêtée à moins d’un mètre. Une odeur de terre se dégageait d’elle. La fillette s’est arrêtée de pleurer et m’observait en penchant la tête d’un côté puis de l’autre. La pâleur du couloir derrière elle découpait sa sombre silhouette et j’ai vu ses longs cheveux noirs et les bosses de son visage. Je voyais aussi le relief saillant de ses clavicules. Son corps maigre portait une chemise de nuit gris foncé.

Elle a soudainement levé un bras vers les étagères et une masse est tombée sur la moquette. À reculons, en recommençant à pleurer, elle est sortie de la chambre. Elle reculait toujours quand le plancher du couloir a craqué puis les marches de l’escalier. Je fus un peu soulagé quand ses sanglots se sont tus au loin…

Je ne me rappelle plus combien de temps je suis resté sans bouger. La lumière du jour m’a sorti de ma léthargie. J’avais les muscles tétanisés, la gorge sèche et les yeux me piquaient. Sur la moquette, j’ai aperçu un carnet à la couverture sombre. Autour, des fleurs séchées formaient une couronne. Je me suis levé et j’ai pris le carnet. J’ai été surpris par son poids. Le cuir craquelé de la couverture était humide, comme sorti récemment de l’eau.

Avant d’écrire les extraits, je vais préciser que ce journal parle d’une fille (Samandra), et, chose plus surprenante, de mon frère. L’écriture est aussi étrange, jamais la même, tantôt enfantine, tantôt adulte, tantôt fine, tantôt nerveuse, voire incompréhensible. On dirait qu'il a été écrit par plus de deux personnes. Les dates n'ont pas d'années. Ce carnet est donc impossible à situer chronologiquement. De plus, je ne pense pas qu'il soit vrai. Je vous lis celles que j’avais pris soin de noter :

4 septembre
Ils se moque de moi !  Ils n’arrêtent pas de se moquer de moi ! J’ai mal au cœur et dans la tête. Je ne veux plus aller à l’école !!

8 septembre
Maman m’oblige toujours à aller à l’école. JE LA DETESTE ! MAIS JE L’AIME AUSI.

11 septembre
Pourquoi maman m’a apelé Samandra ? Les vilains garçons rigolent de moi ! C’est ridicule comme prénom !! Mais de toute façon, ça n’aurait rien changé, tous les garçons sont des IDIO !

2 novembre
J’ai encore mal dormi. J’ai des hallucinations visuelles et auditives. J’entends une petite fille pleurer. Puis je la vois. Elle ne me veut pas de mal, mais elle me dit des choses terribles sur papa. Je n’ose pas lui en parler, il va me traiter de fou et pourrait recommencer à me frapper. Il boit de plus en plus. La mort de maman n’a rien arrangé. Pourtant il lui avait promis de ne plus boire. Parfois je le déteste.   

3 novembre
J’étais tellement de mauvaise humeur que j’ai frappé mon meilleur copain. J’avais besoin de me défouler. Je lui ai cassé le nez. Le pire c’est que ça m’a fait plaisir de faire ça. La nuit qui vient m’angoisse. Je me demande le petit frère entend quelque chose. J’hésite à le réveiller, car si la fillette ne vient pas, il va sûrement de fou. Mais si ça continue, je vais lui dire, tant pis pour ma normalité.

31 octobre
C’EST L’ANNIVERSAIRE DE MA MORT ! QUE DANSE LA MORT ! JE SUIS VIVANTE !

5 novembre
Après une nuit tranquille, elle est revenue. De rage j’ai sauté sur elle. C’était bien une hallucination. Elle a disparu, mais j’ai entendu sa voix grincheuse. Putain c’était horrible. Puis les pleurs ont recommencé quelque part derrière un mur de la maison. Ça m’angoisse tellement que j’ai rien bouffé de la journée. J’ai juste bu des gorgées de la bouteille de whisky à papa pendant qu’il ronflait sur le canapé. J’étais assez bourré quand je me suis couché. Je m’étais endormi jusqu’à entendre ces pleurs qui vont finir par me rendre dingue.

13 octobre
IL ME DETESTENT !! Je ne veux plus aller à l’école ! Maman ne comprend rien et elle me di que je suis belle ! ELLE MENT ! JE SAIS QU’ELLE MENT ! Je sais que je suis diforme. Je sais que je suis horible. JE SAIS QUE JE SUIS LAIDE. Personne ne veut écouter que quand j’étais petite jai atrapé une maladie ! PERSONNE !! Et pui j’ai si mal au cœur.

6 novembre
Elle m’a dit que papa l’avait tuée ?? Pourquoi elle me veut ça ? Pourquoi aurait-il fait ça ? J’ai découvert de grandes fleurs séchées dans le couloir. J’suis pas un pro des fleurs, mais je pense que ce sont des jonquilles. Je vais les montrer à papa. Les sanglots ont continué, je vais craquer. Heureusement que le frangin et papa ne s'aperçoivent pas que je bois pour tenir le coup. Je vais trouver une solution, j'ai toujours trouvé une solution.

30 octobre
Il préparent quelque chose. Je suis sûr qu’ils prépare quelque chose. Je les entend chuchoter des sales trucs dans dos. J’en ai mare, j’ai mal au cœur. Je crois si je meurs et ben c’est mieux et ça fichera la paix à maman qui en a mar que je pleure tout le temps. Me demande si elle m’aime comme elle le dit à chaque fois.  

7 novembre
Papa m’a hurlé dessus. J’ai cru qu’il allait recommencer à me frapper. Tout ça parce qu’il croit que j’ai apporté ces maudites jonquilles à la maison. C’est pas moi, je le déteste ! J’ai pas osé lui dire la vérité. Finalement, je crois que la fillette a raison, dans un coup de colère papa est capable du pire. Je me souviens très bien des torgnoles qu’il me filait quand j’étais gamin. Même si je ne reçois plus de rouste depuis mes 12 ans, il y a toujours eu énormément de violence en lui. Je me demande si ce n’est pas lui qui a poussé maman du premier étage. C’est toujours elle qui venait lui dire d’arrêter de me frapper. C’est bizarre qu’elle se soit suicidée. Maman n’était pas dépressive. Et puis il me cache quoi ? Pourquoi il a peur des jonquilles ? C’est stupide ! Y’a un truc qui cloche. Même s’il me l’a toujours défendu, demain je vais fouiller sa chambre. Il doit me cacher quelque chose !


31 octobre (Soir d’Halloween)
AUUU SEEEECCCCOURRRSSSSS !!!! NNNNNOOOOOOOOONNNNNNNNNN !!!!!!

Ce dernier message m’a vraiment froid dans le dos, car je sais qu’il avait été écrit par la petite fille. Mais elle était morte.

Dans la journée du 8 novembre, mon frère est donc tombé dans les escaliers. Six semaines après il était de retour à la maison, avec son fauteuil roulant. Deux jours encore après, il était mort et la nuit de son enterrement, j’ai découvert ce journal qui semblait être écrit par Samandra et mon frère. Sur toutes les autres pages, les mots « belle, pardon, je t’aime » revenaient sans cesse.   
  
Hormis moi, mon père était le seul lien encore vivant de cette histoire. Moi aussi j’en avais peur. Je n’avais que 14 ans quand les faits se sont produits et j’étais loin d’être aussi costaud que mon frère. Pourtant je devais savoir, je devais faire ce que mon frère n’avait, peut-être, pas eu le temps de faire, je devais fouiller sa chambre.

C’était un dimanche. Du coin de l’œil, j’ai observé mon père quand je descendais au salon. Comme d’habitude, il a passé son temps à boire et à marmonner dans sa barbe. À pleurer aussi. Je ne savais pas quand il s’assoupirait, car il tenait bien l’alcool mais fin d’après il a fini par se mettre à ronfler sur le divan. J’ai aussitôt été ouvrir la porte de sa chambre. Ça sentait le renfermé, l’urine, le vieux. Mais je me suis dit que l’occasion ne se représenterait peut-être jamais et j’ai fouillé partout. Au fond du placard, sous des piles de vêtements froissés, j’ai découvert une vieille malle en osier. Dedans, il y avait les vieilles affaires de ma mère. J’étais très triste, je la revoyais encore porter une de ces robes en taffetas blanc qu’elle mettait pour aller se promener avec moi et mon frère dans le bois d’à côté. Et puis, accrochées aux mailles du textile, des jonquilles séchées. Je n’ai pas compris sur le coup.

 J’ai entendu les marches de l’escalier craquer. Je me suis dépêché de tout remettre en place, mais j’ai fait tomber une pile de vêtements. J’ai alors vu une touffe de cheveux noirs entre deux pulls. Pressé, j’ai tiré dessus. Mon coeur a cogné dans ma poitrine. C’était un masque découpé dans une peau séchée. Des touffes de cheveux s’éparpillaient autour. Des orbites vides et un sourire me fixaient. Ce masque était aussi effrayant que la fillette de l’autre soir. J’ai hurlé quand j’ai vu la bouche s’élargir et la peau du masque se rider. Ça s’est mis à ricaner. Une main m’a attrapé la nuque et j’ai été projeté en arrière. C’était mon père. Il me hurlait dessus. Quelque chose d’autre s’est fixé dans mon champ de vision. La petite fille au visage bosselé se tenait sur le seuil de la porte. Elle nous regardait en ricanant. Le pire c’est que la bouche du masque bougeait en même temps que celle de la fillette. Mon père m’a arraché le masque des mains et a fait une chose à laquelle je ne m’attendais absolument pas : il l’a enfilé et s’est mis à agiter les bras comme un fou. La fillette a alors hurlé de terreur et s’est enfui par le couloir. Ses longs sanglots ont commencé quelque part derrière un mur de la maison…

Mon père a retiré le masque en s’asseyant sur le lit. Alors qu’il le tenait au bout de ses bras tendus il s’est mis à lui parler. J’avais l’impression qu’il tenait une tête décapitée entre ses mains. Il lui répétait sans cesse : « tu es belle, pardon, je t’aime, tu es belle, pardon, je t’aime… ». Je n’y comprenais rien, mais je savais que c’était l’unique occasion d’en avoir le cœur net. J’ai été chercher le journal de mon frère et je lui ai demandé des explications. Son visage s’est détendu en le voyant. Je l’ai ouvert devant lui mais tous les messages de mon frère avaient disparu au profit d’un seul qui remplissaient toutes les pages : « tu es belle, pardon, je t’aime, tu es belle, pardon, je t’aime pardon… »

Il n’y a rien eu de particulier la nuit qui a suivi cet évènement mais dès le lendemain, à la première heure, nous avons été chez le fleuriste pour acheter des jonquilles. Puis nous sommes entrés dans le cimetière du village. Mon père ne parlait pas. Je le suivais en silence. J’ai cru que nous allions nous recueillir sur la tombe de mon frère ou celle de ma mère (chose que nous n’avions jamais faite ensemble), mais nous sommes arrêtés devant d’une très vieille tombe fissurée, en ciment. Sous l’ovale d’une photo blanchâtre quasiment effacée, le prénom de Samandra était gravé dans la pierre. Il y avait aussi une date écrite de travers : 31-10-66. Des pots de fleurs dans différents états de conservation ornaient la pierre tombale. Certains étaient vides ou cassés, d’autres contenaient des jonquilles fanées.

Mon père a choisi un pot vide et il a mis le journal à l’intérieur. J’ai alors entendu comme un bruit de succion. J’ai eu le sentiment que le journal avait été avalé. Mon père a alors dit à la tombe qu’il s’excusait et que le rituel était accompli. Ah oui, j'ai oublié d'écrire que mon père, avant de se rendre chez le fleuriste, avait écrit la phrase suivante dans le journal : tu es belle, pardon, je t’aime.

Sur le chemin du retour, pour la première fois depuis la mort de ma mère trois ans auparavant, nous avons parlé longuement de la famille, du village et de la malédiction des masques aux longs sanglots.

Dans les années soixante, son propre père, soit mon grand-père paternel, et ses copains avaient pris pour habitude de martyriser une fillette de 10 ans, Samandra. Sa mère venait d’emménager dans une vieille cabane forestière, à la lisière de la forêt proche du village. Les torts de la petite fille étaient d'être pauvre et laide (son visage était bosselé à cause d’une maladie de peau). Deux mois après la rentrée des classes, le gang des morveux (surnommé ainsi après les dramatiques évènements d’Halloween) a décidé de « filer la frousse de sa vie » à leur souffre-douleur. Des parents (ne dit-on pas tel père, tel fils ?) les ont aidés à « vraiment » s'amuser pour la nuit d'Halloween. L’un deux était tanneur et a fabriqué des masques en peau. Un autre était embaumeur et collectionnait les cheveux des morts. Il les a collés avec de la glue sur les masques. Le soir du 31 octobre 1966, le visage couvert de ces horribles artifices, le gang des morveux s’est rendu à la maison de Samandra et attendit qu’elle soit couchée pour rentrer par la fenêtre entrouverte de la chambre.

Selon les témoignages récoltés par la police, l’un des gosses a posé une main sur la bouche de la petite fille pendant que les autres la rouaient de coups. Samandra n’a pas supporté les coups ni la vision de ces masques. Son cœur malade a lâché. Elle fut retrouvée morte au petit matin par sa mère dont les pleurs, aujourd’hui encore, hanterait la maison et la forêt.

L’histoire aurait pu s’arrêter là si des morts accidentels n’avaient pas succédé à celle de Samandra. On commença alors à parler de la malédiction des masques aux longs sanglots. Avant leur accident, les victimes auraient confié à leurs proches qu’elles avaient trouvé des jonquilles séchées dans des pièces de leur maison. Elles auraient aussi entendu les pleurs d’une petite fille et auraient vu sa silhouette aux longs cheveux noirs dans un couloir, prostrée dans un coin de leur chambre ou allongée dans la baignoire de la salle de bains…

La malédiction frappait à intervalles irréguliers, n’importe où, mais pas n’importe qui. Seules les familles dont les gosses avaient participé à l’expédition punitive étaient touchées. Et il n’y avait pas de limite d’âge, de générations ou de sexe. Des vieux, des femmes, des enfants mouraient d'une façon aussi accidentelle qu'étrange. Pour tenter de se faire pardonner, un membre d’une famille a eu l’idée de déposer un vase sur la tombe de Samandra et d’y laisser un bouquet de jonquilles (les fleurs préférées de la petite fille) en chuchotant les mots « tu es belle, pardon, je t’aime ». Puis il les a écrits dans un journal dédié à sa mémoire. Enfin il a posé ce journal sur la tombe. La malédiction a cessé pour cette famille. Les autres l’ont aussitôt imité. Le journal a fini dans un vase vide.

Chaque 31 octobre, un membre des familles concernées par la malédiction doit déposer un bouquet de jonquilles dans un pot de sa tombe. Puis, après avoir chuchoté la phrase, il doit reprendre le journal caché dans un pot, inscrire la phrase et le reposer dans le pot. Pour notre famille, cette charge était dédiée à ma mère. À sa mort, mon père a pris le relais. Puis il a fini par douter, par se dire que tout ça n’était qu’une histoire de débiles pour débiles. L’alcool l’aidait à douter malgré la mort de ma mère empalée sur la grille entourant notre maison trois ans plus tôt. Près d’elle, on a retrouvé le journal. Personne n'a jamais compris pourquoi elle détenait, pourquoi elle ne l’avait pas remis dans le pot.

Le 31 octobre dernier, mon père a fait un pari d’alcoolique : le perdant devait aller pisser dans un pot de la tombe de la petite fille. Il a perdu ce pari. On connaît la suite...

Le carnet est probablement apparu dans la chambre de mon frère peu après. Il a sûrement été terrifié par ce qu’il a lu au sujet de mon père avant qu’il ne tombe dans les escaliers. Je crois cependant que Samandra inscrivait de faux messages pour lui faire peur. Je me pose toujours la question de savoir qui l’a poussé dans les escaliers ? Est-il tombé accidentellement à cause de l'alcool qu'il buvait en cachette ? Mon père soûl et furieux ? Samandra ? Le fantôme de sa mère ?  Et si mon père n'y croyait pas, alors pourquoi a-t-il gardé le masque aux longs sanglots dans ses affaires ?

Je suis conscient qu’il reste beaucoup de zones d'ombres à éclaircir, mais je préfère en rester là. Pour autant, je ne suis pas rassuré et dès que j'entends une gamine pleurer dans la rue ou à la télé, dès que j'aperçois ne serait-ce qu'une feuille morte sur le plancher de la maison, je ne peux pas m'empêcher de mettre le masque aux longs sanglots. J'ai tellement peur qu'elle revienne, j’ai tellement peur de l’entendre pleurer à nouveau. Pourtant je respecte le rituel, à chaque Halloween, je n’oublie jamais de mettre des jonquilles dans un pot de sa tombe…

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Voilà les amis, vous savez tout. C’est vraiment une histoire bizarre, hein ? Enfin, si je vous écris tout ça, c’est parce que la semaine dernière, j’ai aidé mon cousin a déménagé et on a trouvé un masque au long sanglot dans une vieille malle appartenant. Il a été aussi étonné que moi et m’a certifié que ce n’était pas à lui. Il me l’a donné mais j’ai finalement l’impression qu’il tenait à s’en débarrasser. Et puis la nuit dernière, j’ai entendu comme des pleurs. Bon, j'habite à côté d’une SPA et j’ai l’habitude d’entendre couiner des chiens ou que les chats gueulent comme des bébés énervés. Mais je ne sais pas, ça me semble différent. C’est pas que je suis peureux mais enfin bon. Alors si quelqu’un a déjà lu cette histoire et sait quelque chose de plus sur cette malédiction ou encore mieux, a le nom de ce village, je suis preneur car j’ai téléphoné à mon cousin mais ce con a changé de numéro, ses parents ne répondent pas non plus et leur maison se situe à 500 bornes de chez moi et je n’ai pas de voiture...Voyez-vous, ce soir, c’est Halloween alors je commence un tout petit peu à flipper. Euh, une petite aide serait sympa. Et vite. Très vite. Merci.

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4 commentaires:

  1. Encore une bonne nouvelle qui nous accroche et qu on veut découvrir la fin...Celle-ci est bien ficelée , la fin se veut ouverte comme pour bien nous dire que le mal n est pas lui fini...bonne nuit

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    1. Merci de la pertinence de ton commentaire. Je l'ai un peu remodelée, tu peux la relire !

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  2. Réponses
    1. Merci Scandinav au plaisir que tu en lises d'autre, l'amiE !

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